mercredi 14 mai 2008

Bisous de Bzou

Impensable pour nous d’envisager un séjour au Maroc sans rendre visite à notre ami Abdou, ne serait-ce qu’une journée et parfois juste quelques heures.

Notre rencontre avec Abdou remonte à l’été 97, dans les très belles gorges du Dadès près de Boumalne, à une centaine de kilomètres à l’est de Ouarzazate. A cette époque, Abdou est guide de montagne chez son cousin Fouad à l’Hôtel « Atlas Berbère », où l’espace d’une semaine nous avons élu domicile. Assoiffé de liberté et de justice, Abdou « le gentleman randonneur » est vite devenu notre guide préféré. En grand professionnel, il a organisé pour nous des randonnées mémorables et nous a fait découvrir de véritables petits coins de Paradis. Au fil des années nous avons pu apprécier sa gentillesse, sa finesse, son grand cœur, son humour. Ensemble, nous avons partagés des moments inoubliables et selon la formule consacrée, une solide amitié est née.
Aujourd’hui, Abdou est toujours guide de montagne mais il a quitté les gorges du Dadés pour la vallée des Roses (à proximité d’El Kelaa de M’Gouna, toujours dans la région de Ouarzazate) où il tient avec l’aide de ses frères et sœurs une chouette petite auberge. Mais, cette année c’est à Bzou, dans la maison familiale que nous nous retrouverons l’espace d’un court weekend. Bzou est une petite ville rurale à 150 km de Marrakech en direction de Fès. C’est là que sont tissées les étoffes qui servent à confectionner les belles djellabas de fêtes. Située aux pieds de l’Atlas, cette région, « la DjellaBeauce » comme il me plait de l’appeler, est aussi une vaste plaine avec, à perte de vue des champs de blés et des troupeaux de moutons.
A peine arrivés, nous sommes fêtés par les femmes de la famille. Voilà près de 2 ans que nous ne nous sommes vus. Fadma, la maman d’Abdou et sa sœur Jamila me serrent longuement dans leurs bras, bientôt rejointes par une autre Jamila, la belle sœur d’Abdou et sa cousine Halima. Tiré de sa sieste par la soudaine agitation qui règne dans la cour de la maison, le papa vient à son tour nous saluer chaleureusement. Caché derrière les jupes de sa mère, Amin, le petit neveu d’Abdou nous regarde d’un œil à la fois curieux et inquiet avant de risquer un timide sourire.
Abdou n’est pas encore là. Retenu à Marrakech, il n’arrivera que tard dans la soirée.

Installés sur des tapis posés sur le sol du patio nous devisons joyeusement en dégustant le thé de bienvenue accompagné comme il se doit des excellents petits gâteaux de Jamila.

Passé le temps des retrouvailles, la vie reprend son rythme et chacun vaque à ses occupations... Dans la cuisine, des bruits de casseroles semblent indiquer que déjà on s’affaire pour le repas du soir… Des voisins vont et viennent… Amin, a pris de l’assurance et cherche malicieusement la compagnie de Laurent pour jouer… Dehors, sur le chemin, on entend le meuglement des vaches qui rentrent à l’étable tandis que les moutons et les chèvres retrouvent leur enclos devant la maison…

En fin d’après midi, nous recevons la visite d’Habiba, une voisine et amie de Fadma. Habiba voudrait réaliser un petit tapis pour protéger son pain mais elle n’est pas très adroite pour monter la trame du métier à tisser. Elle vient donc demander de l’aide à la maman d’Abdou qui elle, est experte.




Les deux femmes s’installent devant la maison, sur des peaux de moutons. Jamila casse un peu de sucre sur chacun des deux piquets en fer qu’elle vient de planter solidement dans la terre. Pour la baraka, disent-elles en riant !!! Et pendant deux bonnes heures, avec une adresse de fée et une patiente d’ange les trois femmes vont dérouler, croiser et entrecroiser le fil de laine blanche jusqu’à obtenir un sorte d’écheveau géant.

De temps à autre Halima arrose le sol pour faire tomber la poussière et éviter ainsi de salir le travail. Régulièrement, elles piochent dans un grand sac de bonbons, pour se donner « du courage »….

Je prends maintes photos. Mes compagnes, elles, prennent des pauses. Nous rions beaucoup…



Le soir tombe. Dans le patio les femmes ont entrepris de monter l’écheveau qu’elles viennent de réaliser sur deux grands madriers de bois qui constitueront le métier à tisser. L’opération est délicate et il ne faut rien laisser au hasard. Pour mesurer les écarts, la longueur des fils etc…. Fadma et Habiba utilisent leurs mains et leurs doigts.

Les fils sont tendus entre deux longs bâtons de bambous qui sont ensuite fixés aux madriers. La tâche est difficile. Il faut s’y reprendre à plusieurs fois et appeler les bonnes volontés à la rescousse.

Doucement, la nuit est arrivée. Le métier est presque prêt à recevoir les fils de couleurs. Fièrement, Habiba peut rentrer chez elle, son travail sur l’épaule. Demain, c’est nous qui irons chez elle pour les derniers réglages et préparatifs.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Un bien beau moment passé dans ce coin entre Haut et moyen ATLAS tout prèt des plus belle cascade du Maroc
"OUZOUD".

Bisous
Laurent le chauffeur de Madame

Anonyme a dit…

Gros bisous à Abdou qui a si gentiment soigné mes ampoules aux pieds avec des aiguilles , du fil et de la bétadine....

Le retour approche... je sais que vous serez très accaparés, mais nous espèrons vous avoir de visu et tutii quanti lorsque vous serez de retour et que vous aurez eu le temps de passer plein de temps avec vos proches.
je vous embrasse, et à très bientôt de vous revoir,
Martine.

Anonyme a dit…

Bonjour, Est-ce que tu peux me donner les coordonnées de Abdou, le guide de montagne au Vallée des Roses? Merci.

Evitatje28@yahoo.com