En raison de la fête qui commémore la naissance de Mahomet, Laurent n'a pas travaillé ni jeudi, ni vendredi dernier: 4 jours de congé en perspective .... Super!!!
Pour celles et ceux qui ne le saurait pas encore, il faut dire que je suis la vice présidente de l'association Azekka France-Maroc (www.azekka.org) et que je dois profiter de séjour au Maroc pour rencontrer les membres de l'association Tafedna , un de nos partenaires dans la région d'Essaouira.
Ce long weekend est donc l'occasion rêvée pour une escapade au Cap Tafedna à 50 kilomètres au sud d'Essaouira.
Après 5 heures de route, nous arrivons à Smimou où nous attendent 2 Mohamed. L'un est prof de français, l'autre est mécanicien dans la marine, les 2 sont responsables au sein de l'association "Tafedna", notre partenaire.
Après les présentations d'usage, nous reprenons la route et une dizaine de km plus loin, nous nous engageons sur une piste très caillouteuse. 30 mn plus tard, nous sommes en vue du douar (village) d'Agouzmir où nous séjournerons.
Le douar est situé au beau milieu d'une vaste arganeraie qui domine la mer. L'endroit est très isolé, très sauvage et tout simplement magnifique.
Nous sommes hébergés chez Mohamed, le prof de français, dans une petite douiria (sorte de petit espace indépendant accolée à l'habitation familiale et réservé aux visiteurs et amis). Le confort y est assez sommaire mais convenable et d'une grande propreté. Notre douiria se compose d'une pièce principale qui fait office de salon marocain, d'une petite chambre avec deux lits et d'une salle de toilette équipée d'un WC, d'une pomme de douche et d'un lavabo. Bien sur, il n'y a pas d'eau chaude mais comble de luxe dans cet endroit si isolé et reculé, la maison est équipée d'un petit hammam de campagne où nous pourrons nous laver le soir venu.
Le lendemain de notre arrivée est consacré en grande partie au travail associatif. Tous les responsables de l'association Tafedna sont là et, pendant près de deux heures, nous trions, tamponnons, et rangeons quelques 1500 livres tout neufs donnés par les éditions Nathan , stockés chez Karim (que je salue au passage) et acheminés là par Azekka pour la bibliothèque de Tafedna. Tout le monde met la main à la pâte, dans la bonne humeur et sous le regard amusé d'un vieux monsieur qui feuillette un manuel de lecture avec un plaisir non dissimulé et de quelques enfants dont les yeux brillent lorsqu'ils regardent tous ces livres étalés sur la table.
Notre "mission accomplie, nous partons à la découverte du douar. Passage obligé par les 2 écoles du village: 4 classes en piteux état et perdues au milieu de nulle part. Un désert scolaire et éducatif que je commence à avoir l'habitude de fréquenter dans ce Maroc rural que nous aimons. Et pourtant, à chaque fois que je vois les conditions de travail des élèves et de leurs maîtres d'écoles, je ne peux m'empêcher de ressentir de la compassion mais aussi de la colère. Et je me dis que toutes les actions menées par Azekka sont loin d'être inutiles. J'aurai l'occasion de vous reparler des problèmes de scolarisation dans les régions rurales du Maroc: il y a beaucoup à dire!!!!Nous reprenons notre promenade... Mohamed est un fameux guide. Il nous conduit sur les sentiers muletiers qui longent la falaise et dominent la mer.
Chemin faisant, il nous parle longuement de la vie au douar, de la sécheresse et de la crise de la pêche qui sévissent depuis plusieurs années et qui fragilisent l'équilibre social de la région. A cause de ces deux fléaux, les hommes sont de plus en plus nombreux à quitter le douar pour aller gagner leurs vies dans les grandes villes. Les femmes, de leur côté, contribuent elles aussi à faire bouillir la marmite. Pour quelques dirhams, elles récoltent les fruits des d'arganiers qu'elles cassent et pressent des heures durant pour extraire la célèbre huile d'argan que nous achetons une fortune.Nous passons de beaux moments à marcher sur l' immense plage de sable de Tafedna où quelques pêcheurs s'activent. La mer houleuse , les vagues puissantes, le vent violent et le ciel menaçant constituent un superbe décor .

Le temps passe .... et lorsque nous quittons Agouzmir, nous savons que nous y reviendrons . Pour la beauté des paysages mais aussi pour revoir Mohamed et les siens qui nous ont si bien accueillis l'espace d'un weekend inoubliable.
Et si d'aventure, vos pas vous mènent dans ce coin du Maroc, faites un petit crochet je vous assure que vous ne le regretterez pas.

